Les Malagasy et le refus de la mort
Par angelin le mercredi, 25 août 2010, 13:28 - Culture - Lien permanent
Peuple essentiellement croyant, les Malagasy voit la mort non comme la fin mais plutôt la continuité de l’existence terrestre. En décédant, un individu acquiert un statut particulier et devient l’intermédiaire entre Zanahary (le créateur) et les vivants.
La mort, un prolongement de la vie pour les Malagasy
Pour le peuple Malagasy, la vie est un cadeau précieux. Cette conviction existentielle apparaît nettement dans quelques ohabolana (proverbes) tels que « aleo maty rahampitso toy izay maty anio » (mieux vaut mourir demain qu’aujourd’hui) ou « mamy ny miaina » (vivre est un délice). Malgré cela, le Malagasy sait pertinemment que le souffle de vie quittera un jour ou l’autre son corps. Pour déjouer les pièges de cette mort physique, la plupart des Malagasy se marient vers la vingtaine. Quand bien-même la mort physique le frappe, ils continuent de vivre à travers sa descendance.
Le Refus de la mort chez les Malagasy va même au-delà de cette pérennisation de la vie via la descendance. En décédant « physiquement », un individu se hisse au rang de « Razana » (âme défunte, ancêtres). Dans la logique de la culture Malagasy, le défunt ne prend la dénomination de « Razana » que plusieurs années à compter de son décès. Néanmoins, une personne décédée acquiert toujours un statut supérieur au « Ray aman-dreny » (aînés méritant le respect). Il acquiert un pouvoir surnaturel du fait de son « hasina » (fusion entre honneur et respect) plus élevé.
Le culte des ancêtres chez les Malagasy
La mort n’est aucunement la fin de la vie pour les Malagasy mais plutôt son prolongement. Ceci, puisque l’âme survit au corps lors de l’extinction du souffle de la vie. Devenant un être supérieur, la personne décédée vit dans le monde intelligible et contemple le mode de vie de sa famille et de ses descendants dans le monde sensible. Ainsi, les Malagasy n’ont pas peur des personnes décédés. Si le défunt, devenu « Razana » protège ses descendants de là où il est (dans le monde invisible), ces derniers continuent de prendre soin de son corps lors du Famadihana (Exhumation) et de l’honorer par l’entretien périodique du Fasana (tombeau).
Les Malagasy croient en l’existence d’un être omniscient et immortel dénommé Zanahary (le créateur) ou Andriamanitra (le prince parfumé). Cependant, ils ont du mal à ressentir les aides et les bénédictions de cet être supérieur du fait de la méconnaissance de sa vraie nature. Pour mieux recevoir l’appui de cette divinité, les Malagasy préfèrent s’adresser en premier aux Razana. Afin que ces derniers émettent leurs souhaits et prières à Zanahary, les malagasy les honorent par des offrandes, par l’édification de monuments funéraires tels que les vatolahy (pierres lévées) … Telle est l’essence du culte des ancêtres chez les Malagasy.
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