Le Savika, l’affrontement homme/zébu

Le Savika, également appelé tolonomby, est une discipline sportive traditionnelle permettant aux hommes de tester leur bravoure par un combat contre un ou plusieurs zébus en effervescence. La discipline est certes comparable à la Corrida de l’Espagne et de l’Amérique du Sud. Seulement, les joueurs ne procèdent jamais à une mise à mort de l’animal. Ceci, puisque les mpitolona (lutteurs) affrontent le(s) zébu(s) à mains nues dans l’arène. Ils se servent de leur agilité et de la ruse tout au long de l’affrontement.

Le Savika est une discipline sportive encore plus ancienne que le Ringa (lutte malagasy). Apparu dans le sud de la Grande Ile, précisément dans la région Amoron’i Mania de Fianarantsoa, il fascine par son caractère violent voire dangereux pour les pratiquants. Malgré ce danger imminent, la foule ainsi que les mpitolona sont toujours d’humeur joyeuse lors des épreuves. Aucun ne pense perdre la vie au cours d’une telle manifestation. Certains arrivent même à rire de leurs blessures pendant et après les épreuves.

Le Savika, une discipline résistant au temps

Lors d’un combat contre le zébu, les pratiquants du Savika évitent les attaques de l’animal en s’agrippant sur les cornes ou la bosse. Tous ceux qui se trouvent dans l’arène excitent à tour de rôle le zébu jusqu’à ce que ce dernier n’arrive plus à cacher les signes de la fatigue. Lorsque l’animal est trop épuisé, un des participants ouvre l’enclos d’où ce dernier est sorti afin qu’il puisse se reposer. Le Savika est pratiqué lors des moments d’allégresses telles que la circoncision, l’exhumation …

Au-delà de son aspect brutal, le Savika est une discipline éducative et formative. Il développe le sens du fihavanana (entraide) entre les pratiquants d’un côté, les villageois de l’autre. Il cultive également le courage et la volonté d’entreprendre chez les jeunes. Actuellement, les manifestations du Savika ne se limitent plus à la province de Fianarantsoa. Des spectacles sont également organisés à Antananarivo et dans les autres provinces lors de la fête nationale ou les festivités de fin d’année. Pour que le sport perdure, les autorités compétentes réfléchissent à la meilleure façon de le codifier.