Le kabôsy : le son envoûtant d’un instrument à cordes rustique
Par SSD le mardi, 10 août 2010, 09:36 - Culture - Lien permanent
Le kabôsy (prononcer kaboss’) est un instrument à corde typiquement malgache apparenté à la guitare, mais qui se caractérise par sa grande rusticité et sa sonorité aiguë. Le kabôsy est joué dans toutes les régions de la Grande Ile, et plusieurs artistes se sont illustrés sur le plan national et son plan local grâce à leur dextérité et leur talent à jouer de cet instrument.
Un instrument à la forme très variable
L’origine du kabôsy est un sujet d’étude que les musicologues et les anthropologues n’ont pas encore réussi à élucider. Certains s’accordent à dire qu’il s’agit d’un instrument d’origine turque si l’on se base sur des similarités linguistiques. En effet, le mot turc qübüz fait référence à un instrument de la même famille. Aujourd’hui, le kabôsy est présent dans toute l’île et particulièrement présente sur les Hautes Terres et le Sud-est. Dans le sud de Madagascar, on appelle parfois l’instrument « mandaliny » du fait de sa ressemblance avec les mandolines.
Le kâbosy arbore généralement une caisse de résonance de forme rectangulaire, mais il est possible d’en voir des modèles qui reprennent les lignes d’une guitare. La manche peut être ou non sertie de fret, et on compte de cinq à six cordes. Le son est plus ou moins aigu en fonction de la tension des cordes, et chaque joueur de kabôsy choisit le son au gré de son style. De cette conception rustique de l’instrument émane une grande diversité de sons qui rendent le kabôsy aussi enivrant.
De la rase campagne aux scènes internationales
S’il est aujourd’hui rare de voir des jeunes et des moins jeunes jouer du kabôsy dans la capitale, il suffit juste de s’éloigner un peu de la ville pour en trouver. Dans tous les petits villages, il y a au moins un joueur de kabôsy. Tout en surveillant leur troupeau de zébus, les bouviers chantent au rythme du kabôsy. Lors des fêtes de village, le kâbosy figure souvent en bonne place pour rythmer les diverses animations. En visite dans ces contrées éloignées, les touristes sont inéluctablement charmés par le son exotique du kabôsy.
De son anonymat, le kabôsy s’est défait pour apparaître au grand jour grâce à des chanteurs compositeurs interprètes aussi célèbres que Jean Emilien, accompagné également de son éternel harmonica, Fenoamby, Tao Ravao ou encore Rossy, dont un album est intitulé « bal kabôsy ». D’Gary, l’un des plus grands virtuoses de la guitare à Madagascar, a grandi avec le kabôsy dans son Betroka natal. Dans certaines de leurs chansons, le groupe populaire Mahaleo, qui a déjà joué à l’Olympia, a également participé à la célébrité du kabôsy.
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