De l'importance du "Famangiana" chez les Malagasy
Par angelin le mercredi, 4 août 2010, 13:58 - Culture - Lien permanent
Le « Famangiana » est une pratique précieuse et pérenne dans la société Malagasy. Symbole manifeste de l’interdépendance entre les existants, le « Famangiana » connote le soutien mutuel, le réconfort mais aussi l’amour et l’attachement. Détails.
Le « Famangiana », une mise en pratique du « Fihavanana »
Le terme « Famangiana », traduisible par la notion de « visite », prend des significations distinctes en fonction des évènements se produisant dans la vie de tous les jours. Dans le cas d’une visite inopiné chez un proche parent et toute sa famille, le « Famangiana » signifie « prendre des nouvelles ». Lors de la circoncision d’un petit garçon, le « Famangiana » signifie « partager la joie des parents voyant leur enfant devenir un véritable garçon ». En cas de décès, le « Famangiana » signifie « réconfort, assistance sans faille lors des évènements malheureux pouvant se produire dans la vie des vivants».
Quelles que soient les significations pouvant être prises par le terme « Famangiana » dans les relations sociales, il se révèle toujours comme une forme de mise en pratique du « Fihavanana Malagasy » (la solidarité, l’entraide). Celui qui nie la valeur du « Fihavanana » nie également son statut de citoyen Malagasy. Aussi, le « Famangiana » s’aligne au rang des « adidy » (devoir) chez les Malagasy. Ceux omettant de faire le « Famangiana », notamment lors des évènements malheureux s’exposent littéralement à l’exclusion par les membres de la société.
Le « Famangiana », une pratique régie par des normes
Promu au rang de « Adidy » (devoir), le « Famangiana » devient une pratique régie par des normes. Les normes sont négligeables dans le cas d’une visite ayant pour visée de témoigner son attachement à ses proches. Elles sont cependant à observer dans des évènements tels qu’une naissance, une circoncision, les maladies … Lors d’un « Famangiana » pour une naissance, les visiteurs montrent de la joie en voyant leurs amis ou leurs proches (les parents de l’enfant) avoir une descendance. L’atmosphère est sympathique lors des conversations. Il est essentiel d’offrir un cadeau ou de l’argent appelé « Rompatsa » (de la chevaquine cuite dans de l’eau) pour la santé de la mère et de l’enfant.
Les normes régissant les propos et les gestes à accomplir lors du « Famangiana » en cas de décès sont les plus compliquées. Les « Mpamangy » (visiteurs, consolateurs) s’exposent à la honte dans la mesure où celui qui est en charge du discours de consolation le fait de travers. Dans la première partie du « Kabary » (discours), celui qui parle est tenu de préciser le type de relation entretenu par la totalité des « Mpamangy » présents avec le défunt. Il doit ensuite réconforter les Mana-manjo (famille du défunt) par des propos bien choisis. Dans la seconde partie, celui qui effectue le discours annonce la volonté des « Mpamangy » de participer financièrement aux funérailles du défunt. Les Mpamangy proposent alors de l’argent, mis dans une enveloppe, pour témoigner une dernière fois leur attachement au défunt.
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