Le Famadihana, un culte des ancêtres
Par sophie sophie le lundi, 14 juin 2010, 15:57 - Culture - Lien permanent
Le Famadihana ou l’exhumation ou encore le retournement des morts est une tradition commune pour toutes les régions de Madagascar. Découvrez avec nous cette autre forme de culte des ancêtres.

Famadihana : origine
Toutes les régions célèbre le Famadihana chacune à leur manière. La célébration la plus connue est celle des hauts plateaux. Cette croyance fait partie des nombreux cultes des ancêtres pratiqués dans le pays. Les Malgaches sont réputés pour leur croyance envers les morts. En effet, à Madagascar, les morts sont vénérés car ils viennent d’accéder à une place qui les rapproche du Zanahary, le Dieu créateur. Ainsi, ils croient s’accorder leurs faveurs et ils donnent leur bénédiction dans tout ce qu’ils entreprendront. Aussi, pour les Malgaches, de là où il se trouve, le mort a la capacité de voir tout ce qui se passe et ils restent en contact avec ses proches en leur dictant ce qu’il faut faire quotidiennement ou dans des cas précis.
Le Famadihana se pratique dans la région natale afin de pouvoir identifier l’origine de la famille. Il consiste spécialement à ressortir les morts de leurs tombes et changer leurs couvertures. C’est un signe de respect que les Malgaches accordent aux morts. C’est également une période unique qui permet à tous les membres de la famille, proches ou lointains de se réunir. C’est la grande fête, tous les amis, familles et le village tout entier y est convié. Des dépenses importantes sont prévues, c’est peut être l’une des raisons pour lesquelles, le Famadihana ne se pratique que tous les ans. L’alcool, viandes et riz coulent à flot et tout le monde s’amuse autour de la musique traditionnelle.
Le déroulement du Famadihana
Le Famadihana se pratique tous les 5 ans et se déroule pendant la saison hivernale malgache c’est-à-dire entre juin et septembre. Avant de fixer une date de célébration, la famille qui désire retourner leur mort doit faire appel à l’Ombiasy, une sorte d’astrologue qui peut dire si le jour choisi est bon, dans le cas contraire, il propose à la famille la bonne date. Une fois la date arrêtée, la famille prépare les zébus, porcs et alcool ou « toaka gasy » (eau de vie malgache) pour la festivité qui va durer 3 jours. Le premier et le deuxième jour consistent spécialement à faire la fête en mangeant, en buvant et en dansant. Ce n’est que le troisième jour que l’exhumation sera pratiquée.
Le jour-J, la tombe est ouverte après une ouverture officielle lancée par le Kabary. Les hommes de la famille entre dans la tombe et ressort avec le mort. Aussitôt après, la foule se rue dessus et l’emporte danser tour à tour avant de s’arrêter et le remettre à la famille. Une fois repris, le mort sera déposé dans un nouveau lambamena (couverture pour mort) on l’y recouvre avec les cadeaux offerts par les vivants (rhum, photos, billets, etc.). Une fois couvert, les membres de la famille font 7 tours du tombeau familial avant de l’y déposer. C’est l’occasion pour els prières et demandes de faveurs. La foule retourne ensuite dans le village et termine la journée comme les deux précédentes journées.
Commentaires
Bonjour,
Je me permets d'ajouter que dans certains cas, certains malgaches ne pratiquent pas le "famadihana", une partie qui n'est évoquée nulle part. Dans quel cas certains ne pratiquent pas ce rituel ?
Merci pour votre aimable réponse
Bonjour,
Une autre question sur "le culte des ancêtres" :
Que signifie le fait de conserver sur soi un bout du linceul ? Est ce que cela fait partie du culte des ancêtres Malgache ? ou cela a t-il une autre signification ?